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70ème Anniversaire du droit de vote des femmes 1945 - 2015

 
 
70ème Anniversaire du droit de vote des femmes 1945 - 2015

Les françaises ont voté pour la première fois le 29 avril 1945, aux élections municipales.

Cette première participation électorale avait en Finistère embarrassé le Préfet de l’époque chargé d’élaborer les prévisions.

Dans un rapport de mars 1945, il mentionnait la perspective du vote féminin comme « un élément nouveau venant ajouter à la confusion ».

Ce qui est certain, c’est que l’inscription des femmes sur les listes électorales fut massive et qu’elles étaient nettement majoritaires dans le corps électoral finistérien. Elles l’étaient d’autant plus que pour ce scrutin la quasi-totalité des prisonniers de guerre et des déportés n’avait pu s’inscrire. Par ailleurs, au printemps 1945, les militaires n’avaient pas encore le droit de vote. Ils ne l’obtiendront que le 17 août suivant.

Aujourd’hui et s’agissant des mandats municipaux, on peut rappeler qu’en Finistère :

- 46,1 % des conseillers municipaux sont des conseillères ;

- le pourcentage est similaire pour les adjoints (44,6 %) ;

- le département compte 49 femmes maires soit 17,3 % du total.

Les 355 990 électrices constituent 52 % du corps électoral.

70 ans plus tard, le ministère de l'Intérieur commémore cette date symbolique dans l'histoire de la démocratie :

« Les femmes sont électrices et éligibles dans les mêmes conditions que les hommes ». C’est par ces mots que l'ordonnance du 21 avril 1944, prise par le Gouvernement provisoire du général De Gaulle à Alger, instaure le droit de vote des femmes en France. Un an plus tard, nombreuses sont les Françaises qui se rendirent pour la première fois aux urnes, et ce tout au long de l’année 1945 : le 29 avril et le 13 mai pour les élections municipales, en septembre pour les élections cantonales puis le 21 octobre pour l’élection d’une Assemblée constituante. Plusieurs femmes furent élues maires,
33 devinrent membres de l’Assemblée nationale constituante.

Cet élargissement du droit de vote, voulu par Olympe de Gouges dès la Révolution française, et si longtemps attendu, marque une étape majeure dans la longue marche de notre démocratie vers l’égalité entre les femmes et les hommes. Le ministère de l’intérieur et son réseau préfectoral, placés depuis toujours au coeur de l’organisation des élections et de nos institutions républicaines, se doivent de s’associer pleinement à cette commémoration.

Cet anniversaire est également l’occasion de mesurer ensemble le chemin parcouru au cours des 70 dernières années. Comme l’illustrent les témoignages des femmes qui vécurent ce moment, l’après-guerre fut une période de profonde transformation de la société et a constitué un terreau fertile à bien des égards pour l’accession progressive des femmes à l’égalité civile et professionnelle. Dans tous les domaines, les progrès réalisés depuis les prémices de la Vème République sont notables. Ainsi en est-il par exemple du droit d’exercer une activité professionnelle sans l’autorisation du mari, en 1965, des droits à la contraception, en 1967, et à l’avortement, par la loi Veil, en 1975.

Ces progrès restent toutefois à parachever. Les inégalités persistantes entre femmes et hommes justifient une pleine mobilisation de chacune et chacun d’entre nous. L’introduction de la parité dans notre système électoral, par une modification de la Constitution en 1999, fut un jalon crucial du long processus visant à renforcer la participation féminine à la vie politique qui n’avait, pendant 50 ans, que trop peu évolué. Il a fallu, au fil des ans, durcir les lois pour améliorer une situation qui reste aujourd’hui très insatisfaisante.

La composition de nos assemblées n’en témoigne que trop. Seuls 26,4 % des députés et 25,5% des sénateurs sont aujourd’hui des femmes. En 2014, plus de 209 000 femmes furent élues dans l’ensemble des conseils municipaux, soit environ 40%, mais les mairies et intercommunalités
restent dirigées respectivement à 84% et 92% par des hommes. Seuls les résultats des élections européennes et régionales s’approchent de la parité, grâce à des contraintes désormais plus strictes. La présidence des conseils régionaux est néanmoins encore rarement confiée à des femmes. En
mars dernier, une innovation, le scrutin binominal paritaire, a permis d’élire 50 % de femmes aux élections départementales. Mais sur les 101 départements, seules 10 présidences leur ont été confiées.

Ces chiffres attestent que, malgré d’indéniables avancées, l’égalité entre hommes et femmes reste un combat d’actualité. Le soixante-dixième anniversaire du premier vote des femmes est un moment important pour notre République. Il doit être l’occasion de réaffirmer notre mobilisation et
d’inviter les jeunes générations, femmes et hommes, à s’emparer de cette cause. Le bulletin glissé dans l’urne le 29 avril 1945 rappelle que le droit de vote a été l’objet d’une conquête, le résultat d’une lutte, pour les femmes comme, avant elles, pour les hommes.

Alors que les jeunes générations s’abstiennent davantage que leurs aînées, percevant sans doute le droit de vote et l’égalité civique comme acquis et irrévocables, il importe qu’elles soient attentives à la place de ces acquis dans leur identité, tant citoyenne que sociale. Il appartient à chacun d’entre
nous de rappeler que le concours actif à la vie citoyenne est indispensable, et qu’il participe de la solidité de notre démocratie et scelle le vivre-ensemble.
Il nous appartient à toutes et tous de continuer à faire évoluer les représentations, de combattre les stéréotypes, et de promouvoir inlassablement l’égalité réelle.

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En exclusivité, aujourd'hui, suivez le lien pour visionner les films http://beo-media.net/production/

Deux portraits de femmes bretonnes, réalisés par une jeune association "Béo"
 Ces deux documentaires, de 26 minutes chacun, rendent visible le chemin parcouru par ces femmes courageuses, engagées, l’une communiste, l’autre gaulliste.

Le premier film présente une pionnière, Joséphine PENCALET, ouvrière de conserverie à Douarnenez (29). Profitant d'une lacune dans la réglementation, elle fût élue conseillère municipale en 1925, avant que les femmes soient éligibles et autorisées à voter !
 Le second portrait est celui d'une bâtisseuse, Suzanne PLOUX, résistante et élue maire de St Ségal (29) dès 1945. Elle fonda la commune de Pont de Buis et deviendra conseillère générale, puis députée et secrétaire d’État.

Retrouvez également  la chronologie du droit de vote et d'éligibilité des femmes sur le site de l'Assemblée nationale :

http://www2.assemblee-nationale.fr/decouvrir-l-assemblee/histoire/le-suffrage-universel/la-conquete-de-la-citoyennete-politique-des-femmes